Développer l’entreprenariat en Bretagne : Pourquoi ? Comment ?

Capture-d’écran-2015-12-03-à-11.37.33[1]Nous avons une jeunesse mal préparée aux enjeux économiques et sociaux qui l’attendent : ce constat vaut pour la France, mais aussi pour la Bretagne.
Or, en France, considérer l’entreprise comme partie prenante dans la formation initiale des jeunes ne va pas de soi. Grâce à un benchmark avec les pays européens, il serait possible de développer un projet d’expérimentation au bénéfice de la Bretagne, car il est vain de rechercher un remède miracle comme « l’apprentissage » et de vouloir copier intégralement le système « dual » allemand.

Les objectifs européens de la stratégie Europe 2020 qui succède à celle de Lisbonne 2000, « pour une croissance intelligente, durable et inclusive » nous donnent la feuille de route, qui n’est pas prise en compte par la France mais pourrait l’être par la Bretagne :

  1. Lutter contre le décrochage précoce
  2. « Faire des entrepreneurs »
  3. « Faire des scientifiques »
  4. Faire progresser le taux d’accès d’une classe d’âge au niveau bac+5 (au moins Bac+3) : l’avenir de la Bretagne en dépend.
  5. Renforcer la motivation des élèves, pendant leur scolarité et à l’issue de l’enseignement secondaire, afin que chacun soit désireux de se former tout au long de la vie.

A terme, Région et Académie – incluant les 5 départements bretons – devront fusionner.

Quelle peut être dans l’immédiat la première étape ?

La création d’une Fondation dédiée à la Bretagne, réunissant des partenaires publics et privés, ayant l’objectif de mettre en œuvre des activités de Responsabilité Sociale des Entreprises dans le domaine éducatif.

Sous quelle forme ?
En tout premier lieu, proposer des formations au leadership et au management : grâce à des actions de formation continue à l’intention d’enseignants et de chefs d’établissements, ayant répondu à un appel d’offres (établissements de tous types : primaires et secondaires, publics et privés), car on feint d’ignorer en France, à quel point l’absence d’autonomie des établissements scolaires dessert l’intérêt des élèves. S’inspirer, pour ce faire de : “MODUS 21 (devenu MODUS F)”, une expérimentation conduite conjointement par le Ministère de l’Education Bavarois et une Fondation d’entreprises : http://bildungspakt-bayern.de/

Ceci permettra de s’attaquer aux priorités:

  1. Développer l’attractivité des STEM : sciences, technologies, ingénierie et mathématiques dès l’école primaire et le collège, grâce aux entreprises. L’objectif est d’aider les écoles à renforcer l’attractivité de leur programme de sciences en permettant aux entreprises de mettre à leur disposition à la fois des contenus et des personnes ressources. De nombreux pays s’inspirent actuellement de La Fondation Jet-Net, qui réunit un très grand nombre d’entreprises et d’établissements scolaires néerlandais : http://www.jet-net.nl/english.
  2. Dispenser une formation économique, financière et entrepreneuriale,

Dès l’école primaire, en ’introduisant l’acquisition de ces compétences dans les programmes d’enseignement ou grâce aux Temps d’Activités Périscolaires, déjà pris en charge par les municipalités. Comme en Allemagne, en Suisse, aux Pays Bas, dans les pays nordiques, et ailleurs…où l’on forme les enfants à l’apprentissage de l’argent et à la gestion financière, les conduisant, peu à peu, à s’approprier des compétences sur l’économie de son pays. Il est en effet possible de faire découvrir à des enfants de 5 à 12 ans des contenus adaptés à leur âge, et grâce à des activités de groupe, de les faire mettre en pratique les compétences acquises en développant leurs capacités d’organisation et de communication.

En proposant d’acquérir le passeport appelé «Entrepreneurial Skills Pass®, ®”» à tous les lycéens de la Région Bretagne, car ces compétences sont devenues indispensables pour tout un chacun. De 15 à 18 ans, les élèves bretons pourraient participer à deux initiatives européennes réunies depuis peu : le dispositif de mini-entreprises de JA – YE, Junior Achievement – Young Enterprise et le « permis de conduire de l’entrepreneur » proposé par la Chambre de commerce autrichienne. Ils obtiennent ainsi le passeport : “Entrepreneurial Skills Pass®, ®” qui atteste de leurs connaissances économiques et de leurs compétences entrepreneuriales: organisation, animation, prise de décision, travail en équipe, confiance en soi : www.entrepreneurialskillspass.eu

En mettant à la disposition des enseignants de nombreux supports pédagogiques élaborés grâce à l’OCDE http://financial- education.org/home.html et à l’ONG Child and Youth Finance International http://childfinanceinternational.org/ qui organise, afin de promouvoir l’inclusion sociale par l’éducation financière, des formations pour élèves et professeurs, dans le monde entier, grâce à des partenariats public-privé. L’enquête PISA, qui s’est étendue en 2012 aux compétences financières des élèves de 15 ans dans 18 pays de l’OCDE, a révélé une nouvelle source d’iniquité : si l’on mesure les résultats en fonction de l’origine socio-économique des familles, la France se situe au 16e rang sur 18 !

En mettant à la disposition des professeurs d’économie mais aussi des autres disciplines, comme le fait en Allemagne la maison d’édition Universum, dans le cadre de la Fondation Jugend und Bildung, des contenus de formation en finance et sciences sociales qui proviennent à la fois des entreprises et des pouvoirs publics. En France, les enseignants de SES trouvent leurs matériaux pédagogiques dans « Alternatives Economiques »…. ! Sur le site http://www.lehrer-online.de/lehrer-online.php , les professeurs trouvent des cours en ligne, des projets, du matériel pédagogique pour l’enseignement de l’économie et de la finance mais aussi sur tous les sujets de société

Conclusion

La Région a vocation à se substituer à l’Etat en matière d’éducation.

Dans un premier temps, ce que l’Etat ne fait pas, doit être partiellement pris en charge par une Fondation réunissant des acteurs publics (Conseil Régional) et privés (entreprises), ayant choisi de rendre la Bretagne compétitive, grâce au développement de son capital humain dont les caractéristiques, sur le plan scolaire, sont particulièrement encourageantes.

Les compétences que nous venons de lister font défaut aux élèves qui fréquentent le système éducatif français traditionnel, qu’il soit public ou privé, même à ceux qui réussissent sur le plan scolaire.

Last but not least, une pratique courante de l’anglais, voire d’une troisième langue, est devenue indispensable or, chemin faisant, « learning by doing », les compétences en langues étrangères s’améliorent, car le travail collaboratif en ligne que nous venons de présenter permet de travailler dans plusieurs langues (tout au moins en anglais et même en breton), de développer de l’autonomie, de la curiosité, et d’utiliser internet au quotidien, à des fins de formation. Il n’y a pas d’incohérence à promouvoir une citoyenneté bretonne, française et européenne ; c’est même le seul moyen de combattre les dérives des extrêmes nationalistes.

Pour toutes ces raisons, il est urgent de mobiliser le monde entrepreneurial : les entreprises doivent proposer des contenus de formation et davantage s’impliquer dans l’évaluation des compétences. C’est ainsi que nous préparerons les jeunes générations au nouveau monde du travail, où la fracture travail / loisirs a été profondément modifiée, où les compétences attendues au 21ème siècle sont l’initiative personnelle, l’engagement de la personne, sa capacité à mener à bien un projet dans un temps qui lui est propre.

Nelly Guet
AlertEducation

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