Interview de Nelly Guet par le Deutschlandfunk

Siège de la Deutschlandfunk

Siège de la Deutschlandfunk (Radio publique allemande) – Wikimedia Commons

Nelly Guet, dans une interview avec Sandra Schulz de la Deutschlandfunk  (radio publique allemande)  le 5 mai 2012.

« Jusqu’à demain soir, nous espérons que la France ne sombre pas dans le socialisme »

Sandra Schulz  : La campagne électorale est terminée, et la course à la présidence française également  – Nous ne serons définitivement fixés que demain soir à 20 heures, lorsque dans les grandes villes les bureaux de vote seront fermés. Mais en dépit d’un écart qui se rétrécit,  le socialiste Hollande socialiste est donné favori. Dans les derniers sondages, le favori Hollande n’avait plus qu’environ cinq points d’avance, avec une tendance à la baisse. C’est pourquoi  Nicolas Sarkozy  reste également confiant, alors même que sa victoire serait une grande surprise.

– C’est aussi ce qu’espère Nelly Guet, la femme politique  française qui  se présente aux élections législatives cette année, pour Alternative Libérale. Nous la joignons au téléphone!

Nelly Guet : Bonjour, Madame Schulz!

Sandra Schulz : Vous continuez à espérer la victoire de Nicolas Sarkozy, pourquoi?

Nelly Guet : Jusqu’à demain soir, nous espérons que la France ne sombrera pas dans le socialisme. Nous sommes encore convaincus que les Français au dernier moment se rendront compte que François Hollande n’est ni celui qu’il prétend être, ni celui que les médias français présentent, mais qu’il est l’allié de l’extrême gauche, encore puissante dans notre pays, notamment dans les médias, qui présentent des statistiques attestant d’un énorme écart entre Sarkozy et Hollande, qui n’a jamais été attesté… dans le monde de l’éducation également où tous les élèves continuent à apprendre que Sarkozy est l’ennemi,  que les entreprises et les chefs d’entreprises sont aussi des ennemis…  où l’on peut entendre de telles affirmations comme « interdiction des licenciements », etc.… Nous espérons que d’ici demain soir,  les Français comprendront qui  travaille pour l’avenir et qui nous plongera brutalement dans la France des années 80, au moment où nous avons besoin d’une toute autre politique.

Sandra Schulz : Madame Guet, tout sera certes décidé demain,  mais les sondages ne voient pas Nicolas Sarkozy comme favori, qu’a t-il fait de mal?

Nelly Guet  Il a hésité. Tout d’abord il faut le dire, au niveau européen, et en ce qui concerne la crise, il a, à notre avis, presque toujours agi comme il fallait. Le problème c’était en France, car il n’a pas procédé à suffisamment de réformes. Si l’on résume brièvement, que retiennent les Français des cinq dernières années? La réforme de l’Université, oui mais dans les conseils d’administration des Universités, toujours pas de représentants des entreprises. Donc, ce n’est qu’une première étape, mais qui ne suffit pas pour rendre nos universités compétitives. L’autre réforme, que l’on nomme en France « Auto-entrepreneur » c’est évidemment une réussite car les deux tiers, voire les trois quarts des jeunes Français veulent devenir fonctionnaires, ce qui est inquiétant. Ce modèle de l’auto-entreprise, introduit par Hervé Novelli, un libéral dans le gouvernement, a permis aux Français de développer des petites entreprises. Elles ont eu un grand succès ! Oui, en fait ce sont deux lois libérales, mais plutôt des esquisses, alors …

Sandra Schulz : très spécifiques …

Nelly Guet  … un début  …

Sandra Schulz : … vous évoquez là des mesures relativement précises. Si nous tentons de faire le bilan: Le chômage a augmenté, la compétitivité a souffert et même l’agence de notation Standard & Poors a retiré à la France son triple-A en France. Nicolas Sarkozy a-t-il vraiment fait la preuve de sa compétence en économie?

Nelly Guet : Oui, nous pensons qu’il a fait la preuve de sa compétence. Bien sûr, on répète, à l’envi, l’augmentation de 5% des chiffres du chômage.

Sandra Schulz : Il avait promis…

Nelly Guet : Oui, oui, c’est évident, mais de là à prétendre, comme le font les socialistes que cela n’a rien à voir avec la crise… Et cela, bien sûr, on ne peut pas le prouver. Mais s’il n’a pas été vraiment en mesure d’améliorer la compétitivité de la France –  il est vrai que les petites entreprises ont beaucoup souffert de la crise et moins les grands groupes : la situation n’a pas beaucoup évolué, c’est malheureusement vrai –  il voulait aussi, comme il l’a souligné à plusieurs reprises, éviter un conflit avec les syndicats. Il voulait, comme on dit si bien « assurer la paix sociale », pas de grèves, pas de gens dans les rues. Et il ne s’est pas assez inspiré de ce qu’a fait l’Allemagne, bien qu’il ait essayé au dernier moment d’inviter Madame Angela Merkel à se joindre à nous, peut-être pour nous dire quelques vérités.  Puis, dans son discours de Villepinte  – chacun se souvient de Schengen –  ce fut un rude coup  pour les Libéraux, pour les Européens que nous sommes d’entendre cela. Il a commis des erreurs, c’est évident. Il a aussi pris des décisions qui ont, à nouveau, renforcé l’image d’un pays où l’Etat est tout-puissant, où le gouvernement peut tout sauver, où l’État se substitue à l’individu et s’assure de sa capacité à gérer son avenir et ainsi de suite. Alors bien sûr, tout ceci ne nous convient pas.

Sandra Schulz : Si nous nous projetons un peu vers la suite, si  elle aboutit à François Hollande. Quelles seraient les conséquences  pour l’Allemagne ?

Nelly Guet : Ce que je crains, c’est que le SPD gagne l’année prochaine chez vous, car si  Hollande  a peu de relations avec l’Europe, le PS en a.

Sandra Schulz : Vous voulez dire qu’un François Hollande pourrait conduire à la victoire du SPD chez nous ?

Nelly Guet : Les socialistes étaient au pouvoir il ya 20 ans. Et ils ont  un véritable réseau de relations avec le SPD, c’est clair. Et il le sait.  J’ai le sentiment qu’en Allemagne, beaucoup aimeraient également que les socialistes l’emportent chez nous, non seulement en Allemagne, mais aussi dans toute l’Europe, là où ce serait une aide substantielle pour tous ces partis qui sont actuellement dans l’opposition en Europe. Et je crains fort pour l’Europe, à travers les répercussions de cette élection : les premières tentatives – je ne parle pas de décisions… J’espère que les marchés imposeront à  François Hollande le droit chemin, qu’à partir du 7 mai, le cas échéant, il ne sera pas libre de faire ce qu’il voudra.  C’est ce que nous espérons. Et nous savons qu’en quelque sorte, il trompe les Français, lorsqu’il affirme  qu’il a le pouvoir de modifier tout ce qui a été décidé avant lui, et ainsi de suite.  Nous préférons  tous l’économie de marché à l’économie planifiée. Nous sommes tous pour l’esprit d’entreprise et non pour la bureaucratie. Et j’espère que le modèle français ne sera pas exporté.

Article sur le site de la Radio Publique Allemande.

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